Monday 23 October 2017    

Centraide du Grand Montréal

Ville de Montréal et itinérance: beaucoup reste à faire
En ce début de période électorale, le RAPSIM a tenu un point de presse afin d'effectuer le bilan de l'administration Coderre en matière de lutte à l'itinérance. Le RAPSIM a souligné les avancées réalisées par la Ville de Montréal, mais aussi les reculs et force est de constater que des actions supplémentaires seront nécessaires au cours des quatre prochaines années pour prévenir et réduire le phénomène.


***Pour télécharger le document: L'itinérance à Montréal: beaucoup reste à faire! - Élections municipales du 5 novembre 


Le RAPSIM a fait le point dans les locaux de Dîners St-Louis, un organisme situé au cœur du Plateau Mont-Royal. Dans ce que quartier, comme dans un nombre grandissant d'arrondissements, l'itinérance est bien réelle, mais se fait moins visible qu'au centre-ville.

Logement social : un bilan mitigé

En matière de logement social, la détermination d'une vingtaine de groupes communautaires membres du RAPSIM, solidement épaulés par la Ville de Montréal, a permis la réalisation de 500 nouvelles unités destinées aux personnes en situation d'itinérance ou à risque de l'être. Dans un contexte difficile, marqué par les coupures en logement du gouvernement du Québec, la réussite est notable. Le RAPSIM estime que cette volonté de développement doit se poursuivre et se traduire, au cours du prochain mandat, par la création de 1000 nouveaux logements sociaux pour les sans-abris.

Le Plan d'action montréalais en itinérance identifiait également la nécessité de travailler à la sauvegarde du parc de maisons de chambres. À raison : la location d'une chambre constitue, pour certaines personnes à risque d'itinérance, un rempart pour éviter la rue ou en sortir. Après la réalisation en 2016 d'un nouveau dénombrement de ces immeubles dans quatre arrondissements, les constats inquiètent : si certaines maisons de chambres ont pu être sauvées, acquises par des organismes et transformées en logement social, trop d'entre elles ont été converties en condos, en bureaux ou en gîtes du passant, particulièrement dans Ville-Marie. Avec la nouvelle Stratégie centre-ville, qui prévoit la densification du secteur, la pression risque d'augmenter, non seulement sur les petites maisons de chambres, mais aussi sur les autres logements locatifs qui sont encore accessibles aux personnes à faible revenu.

Profilage social : d'importantes suites à donner

En ce qui concerne les relations entre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et les sans-abris, beaucoup reste à faire. Les personnes en situation d'itinérance continuent à recevoir trop de tickets, de façon discriminatoire et contreproductive ; même si des programmes visant à réduire l'impact de ces contraventions se poursuivent à la Cour municipale, le profilage social n'en persiste pas moins. Il est ainsi essentiel que la prochaine administration municipale mette rapidement en œuvre les recommandations des éluEs issues de la consultation sur le profilage social et racial. Au premier rang, Montréal doit revoir les règlements qui encadrent l'espace public, mais aussi la façon dont ils sont appliqués auprès des personnes en situation d'itinérance. Des actions en ce sens doivent être déployées dès 2018, puis soumises à un bilan récurrent et public.

Pour une approche globale

L'itinérance reste un problème majeur à Montréal, et doit demeurer une priorité. Dans les rues du centre-ville comme dans des arrondissements plus excentrés, le phénomène touche des populations au profil diversifié et aux réalités complexes. Il est essentiel que Montréal consolide et accroisse son soutien à une diversité d'organismes communautaires, suivant une approche globale de la lutte à l'itinérance.

Le maire Coderre a souvent souligné, avec raison, que le "one size fits all", ça ne marche pas. Il faut que la Ville agisse en ce sens et porte haut et fort cette vision globale. Au-delà des responsabilités qui lui sont propres, l'administration municipale doit se faire entendre des gouvernements québécois et fédéral pour que Montréal ait les moyens de soutenir une diversité d'interventions, en prévention comme en réduction de l'itinérance.



 
Logements sociaux en construction - Projet de L'Avenue Hébergement communautaire








 

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