Tuesday 23 July 2019    

Centraide du Grand Montréal

UNITÉ DE DÉBORDEMENT EN ITINÉRANCE : Une réponse pour plusieurs et des actions à étendre
Le 20 décembre dernier, le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal et la Ville de Montréal annonçaient l'ouverture d'un centre de débordement destiné à offrir 80 espaces d'hébergement d'urgence supplémentaires dès janvier 2019. Il s'agit d'une initiative temporaire, qui vise à répondre à l'urgence posée par la surfréquentation des ressources d'hébergement en itinérance de Montréal.
 


Le Pavillon Ross de l'hôpital Royal Victoria dont un des étages a été réaménagé en espace d'accueil temporaire de personnes en situation d'itinérance. Photo: RAPSIM


Souhaitant s'assurer d'offrir un nombre d'espaces d'accueil suffisants en cette froide saison, tant pour les hommes, les femmes, les personnes membres des communautés LGBTQ+ et les personnes vivant avec des animaux de compagnie, des travaux sont en cours depuis quelques semaines pour ouvrir un nouvel espace au le Pavillon Ross de l'ancien Hôpital Royal-Victoria. Ce site était jusqu'à tout récemment réservé à l'accueil des personnes migrantes et des réfugiés au Québec.

Cette nouvelle unité d'accueil s'ajoute aux espaces prévus dans de nombreuses ressources communautaires de Montréal dans les le cadre des mesures hivernales d'urgence. Au total, ce sont 80 lits qui s'ajoutent au total de 957 espaces déjà existants pendant la mise en vigueur du protocole hivernal. Plus de détails sur les mesures d'urgence hivernales sont disponibles par ici.


 

Fonctionnement

Cette nouvelle unité de débordement a officiellement ouvert ses portes le mardi 15 janvier 2019. Cette ressource supplémentaire offre exclusivement des services d'hébergement à court terme, en fonction de l'évolution du profil des demandes quotidiennes.

Il ne s'agit donc pas d'un nouveau « refuge » permanent pour Montréal, mais d'une mesure temporaire qui vise à offrir une alternative à la rue en bonifiant le nombre total d'espaces d'hébergement d'urgence, et ce jusqu'au 15 avril 2019. Cette initiative offrira un lieu accessible à certaines personnes qui ne pourraient autrement accéder aux ressources existantes, faute de place, ou en raison de leur situation ou de leur identité. (personnes trans, LGBTQ+, personnes avec animaux de compagnie, personnes en état d'intoxication ou de consommation, etc.). La façon dont les interventions seront ajustées en fonction du profil de chaque personne reste à être précisée.

La ressource constitue un « lieu de débordement » des autres ressources existantes. Il ne sera donc accessible que par l'entremise d'un référencement opéré par la navette de la Mission Old Brewery. Les personnes souhaitant s'y rendre devront se rendre vers un des arrêts de la navette (halte chaleur, ressources d'hébergement d'urgence ou certaines stations de métro identifiées préalablement). Ses services seront accessibles 7 jours sur 7, de 21h00 à 7h00.

Accessible aux hommes et aux femmes, cette unité sera séparée en deux ailes, une pour hommes et une pour femmes, accessibles aux personnes avec des animaux de compagnie. Un partenariat avec la SPCA permettra de faciliter le référencement des personnes avec des animaux et la cohabitation sur les lieux. Des espaces sont prévus y être réservés pour les personnes membres des communautés LGBTQ+ et aux personnes à mobilité réduite, pour qui l'accès aux ressources existantes continue d'être un défi.

La cohabitation entre les différentes personnes qui s'y rendront sera à suivre de près. Les deux ailes du Pavillon Ross prévues pour accueillir ces personnes seront situées sur un seul et même étage. De plus, la possibilité pour les personnes de se rendre par elles-mêmes à cette nouvelle unité de débordement sera à évaluer, ses services étant prévus être accessibles uniquement par référencement à partir de certains organismes identifiés préalablement.


 

Responsabilités

Ce projet est propulsé par un partenariat entre la Mission Bon Accueil (MBA), la Mission Old Brewery(OBM), l'Accueil Bonneau(AB), la Maison du Père(MdP), le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal, le Ministère de la Santé et des Services sociaux et la Ville de Montréal.

MBA verra à la coordination et l'organisation des opérations sur place. Pour sa part, OBM y sera responsable de la gestion du référencement, et des liens avec les organismes. La MdP s'y chargera de l'organisation logistique et de l'entretien tandis que le CIUSSS du Centre-Sud et le MSSS offrent les locaux. Accompagnés de la Ville de Montréal, ils en garantissent également le financement.


 

Indices de fréquentation à la hausse

Depuis le début 2018, les indices de fréquentation des ressources d'hébergement d'urgence de Montréal ne dérougissent pas. Alors que les ressources pour hommes accueillaient des dizaines de personnes dans leurs cafétérias à chaque nuit l'hiver dernier, les ressources pour femmes opèraient également en surcapacité. Cela exerce une grande pression sur les organismes complexifient le travail d'intervention.

Depuis la fin du protocole spécial relatif aux mesures hivernales d'urgence de l'hiver dernier, les taux de fréquentation des organismes se sont maintenus à des seuils importants. L'itinérance est donc en hausse à Montréal ce qui appuie le soutien à une diversité d'interventions en itinérance permettant à la fois d'accueillir et d'accompagner les personnes qui la vivent et d'empêcher que de nouvelles personnes ne s'y retrouvent. Le portrait est également semblable dans de plus en plus de quartiers montréalais, ce qui appelle le développement de nouvelles actions permanentes.


 

Unité temporaire, besoins permanents

Pour le RAPSIM, il est important de souligner que cette nouvelle unité s'inscrit dans une amélioration temporaire de l'offre d'espaces d'hébergement d'urgence. Cet hiver, elle offrira un répit à de nombreuses personnes aux profils variés ainsi qu'à plusieurs organismes, dont notamment la Halte Chaleur de la Mission Saint-Michael's.

Il importe cependant de rappeler que son opérationnalisation pose plusieurs défis, et qu'elle devra permettre à un débat plus large sur la suffisance des espaces d'hébergement à Montréal et les différents besoins rencontrés sur le terrain.

L'augmentation du nombre de demandes d'hébergement d'urgence reçues par les différentes ressources communautaires pour hommes, femmes et jeunes appellent aussi à une réflexion plus large sur le développement de nouvelles réponses permanentes à Montréal.

Les efforts de prévention de l'itinérance devront ainsi être au cœur de ces démarches afin de continuer d'offrir des services d'urgence adéquats aux personnes qui sont en situation d'itinérance, tout en travaillant au développement de nouvelles interventions en amont, pour éviter que d'autres s'y retrouvent.

Pour toute question ou information, nous vous invitons à communiquer avec Guillaume Legault, organisateur communautaire au RAPSIM.












 

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