Thursday 14 November 2019    

Centraide du Grand Montréal

Vers un Chez Soi 2019-2021: Des fonds nettement insuffisants pour les immobilisations !
L’appel de projets pour les immobilisations dans le cadre de Vers un chez soi (VCS) pour 2019-2021 a démontré de grands besoins pour contribuer à la réalisation de logements sociaux, à la relocalisation d’organismes ou à des rénovations urgentes de leurs installations.
 

L’appel de projets pour les immobilisations dans le cadre de Vers un chez soi (VCS) pour 2019-2021 a démontré de grands besoins pour contribuer à la réalisation de logements sociaux, à la relocalisation d’organismes ou à des rénovations urgentes de leurs installations.

Alors qu'à peine 1 M $ par an sont disponibles pour contribuer à ces immobilisations, les demandes déposées dans le cadre de l'appel de projets ont dépassé les 9 M $. Ainsi de nouveaux projets plus que pertinents pour contribuer à des réponses structurantes dans la lutte à l'itinérance seront privés de soutien.

Cet appel de projets a bouclé l’exercice de recommandations pour les deux premières années de VCS, le programme qui prend le relai de la Stratégie de partenariats de lutte à l’itinérance (SPLI). Dans un premiers temps, tous les projets d’intervention qui étaient financés par la SPLI ont été reconduits, avec une indexation des salaires pour les deux années de transition. Des fonds ont aussi été prévus pour les mesures d’hébergement d’urgence.


Affectation des budgets 2019-2021 de Vers un chez soi pour Montréal

Action/ Année

2019-2020

2020-2021

Reconduction indexée des interventions SPLI

10 300 000 $

10 400 000 $

Hébergement

400 000 $

400 000 $

Immobilisations

1 000 000 $

1 000 000 $

Total

11 700 000 $

11 800 000 $

*Montants arrondis et non définitifs


La demande exprimée pour des projets d’immobilisations a démontré une fois de plus l’importance de cette dimension dans la lutte à l’itinérance. Depuis 20 ans à Montréal, les fonds fédéraux ont grandement servis à ce type de projets. Le Plan communautaire, élaboré par les partenaires (dont le RAPSIM, la Ville et le Réseau de la santé), identifiait ce besoin, au même titre que les différentes interventions nécessaires pour prévenir et réduire l’itinérance. Sans qu’aucun pourcentage n’y soit prescrit, les projets développés par les organismes étaient nombreux dans ce volet et ont aidé à construire plus de 1500 nouveaux logements sociaux, en plus de permettre à des dizaines d’organismes de se doter de meilleures installations.

La cuvée 2019-2021 des fonds fédéraux sera mince pour les immobilisations, même si ces projets sont de plus en plus nombreux, avec des coûts toujours plus importants. Seulement 10 % du budget de VCS y sera consacré, alors que de 2002 à 2019, la part des fonds fédéraux destinés à ce volet a oscillé entre 40 % et 60 %.


Peu d’autres sources

Les immobilisations sont stratégiques dans la lutte à l’itinérance, mais les fonds disponibles pour les soutenir sont rares. AccèsLogis contribue certes au développement de logements sociaux au Québec, mais même avec les fonds accrus pour ce programme annoncés dans le dernier budget provincial, l’apport des fonds fédéraux demeure essentiel, que ce soit pour l’achat des bâtiments ou des terrains, la construction/rénovation, les locaux communautaires ou les meubles pour les locataires.

Pour les projets qui concernent uniquement les locaux des organismes, les fonds fédéraux sont la seule voie de financement possible. Du côté de la rénovation des espaces pour l’hébergement, les fonds québécois sont trop modestes.

Ottawa a certes annoncé des fonds importants avec sa Stratégie nationale sur le logement, notamment avec son programme de co-investissement, mais, jusqu’à maintenant, le seul projet en itinérance ayant reçu une part de ces fonds est celui de l’Auberivière à Québec.


Et pour 2021-2028 ?

Quelle place prendront les immobilisations dans le cadre du programme VCS une fois que la période de transition des deux années qui débutent sera terminée? Cela sera à voir. Pour le RAPSIM et pour le RSIQ, il est impératif que les fonds fédéraux continuent d’être affectés selon une approche globale pour soutenir les différentes actions en prévention et en réduction de l’itinérance, et ce, autant au niveau de l’intervention que des immobilisations.

Il est aussi essentiel que les fonds continuent d’être affectés avec une approche communautaire, sans modèle ni structure imposés et sans pourcentage obligé pour un volet spécifique.

Comme c’est le cas depuis 20 ans, c’est une Entente Canada-Québec qui déterminera les balises de l’affectation des fonds fédéraux en itinérance au Québec. Cette nouvelle entente est actuellement en négociation et la signature de celle-ci est attendue avant la campagne électorale fédérale. On y reviendra bien avant celle-ci.







 

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