Tuesday 23 July 2019    

Centraide du Grand Montréal

Faut-il chercher à avoir UN nombre de personnes itinérantes ?
La question est souvent lancée: combien y-a-t-il de personnes itinérantes à Montréal, au Québec ou encore au Canada ? D'ailleurs, la nécessité d'un dénombrement fait actuellement l'objet d'un débat.

En 2005, dans le cadre d'une consultation qu'il menait sur son projet de Stratégie sur le logement et l'itinérance, le gouvernement fédéral évaluait à 150 000, dont 30 000 à Montréal, le nombre de personnes qui se retrouvaient en situation d'itinérance durant l'année.


Depuis le chiffre de 30 000 est repris et aussi critiqué. Combien sont-ils vraiment ? Pas facile à dire. L'itinérance, l'absence d'un toit stable, c'est toutes sortes de réalités : Des personnes qui vont dans les refuges et différents hébergements, se retrouvent à l'hôpital, dorment dans la rue et des abris de fortune, squattent, trouvent refuge pour quelques soirs en s'entassent dans le logement ou la chambre surpeuplés de connaissances ou en dormant sur le divan (couchsurfing) d'amiEs/ d'un ex/de clients/ de proxénètes.

Cette réalité est en mouvement. Certaines personnes sont en situation d'itinérance chronique, un peu plus faciles à compter bien, que toutes ne vont pas dans les hébergements. Chose certaine, les chiffres sont là implacables, leur nombre est en croissance. À Montréal, les refuges ne cessent d'accueillir davantage d'hommes, 5 % de plus en 2013 pour 210 000 nuitées. Les hébergements pour femmes effectuent un nombre sans cesse croissant de refus faute de places.

Dans Hochelaga, St-Henri et Rosemont, on constate un nombre grandissant de personnes à la rue. Des ressources en itinérance existent dans un nombre croisant de régions au Québec et plusieurs, de Sept-Îles à Trois-Rivières, font face à un accroissement et un débordement.


Vers un dénombrement…

Malgré les limites reconnues d'un exercice, le gouvernement fédéral met de l'avant la tenue d'un dénombrement annuel de l'itinérance dans les grandes villes. La formule existe, exemple le 15 mars on sort compter les personnes qui sont dans les refuges, sont visibles dans la rue et on a un chiffre. Un tel chiffre sous estimera l'itinérance de façon globale, mais particulièrement celle des femmes et des jeunes, d'immigrantEs et réfugiéEs, qui utilisent moins les ressources, de même que l'itinérance hors des grandes villes.


...Ou un portrait de l'itinérance ?

Une démarche est en cours par le gouvernement du Québec visant à se doter d'un portrait de l'itinérance au Québec, à partir de différents indicateurs de la fréquentation des ressources (refuges, hébergement court/moyen terme,) cela dans l'ensemble des régions du Québec.

Sans arriver à chiffrer l'impossible situation de toutes les réalités de l'itinérance cela établira un portrait plus large et plus juste de l'itinérance que celui que produirait un dénombrement.

À Montréal, il y une volonté claire du maire Coderre, malgré l'investissement déjà en cours par Québec, d'affecter une partie des fonds supplémentaires qu'il annoncés en janvier à un dénombrement. Cela pour permettre d'orienter les demandes de la ville et les fonds disponibles. On voit l'importance de la question.

Réunis en assemblée générale début février, les membres du RAPSIM ont voté de maintenir la participation du RAPSIM à la démarche du portrait de l'itinérance, dont un premier rapport est prévu pour juin. Il suivra aussi celle du dénombrement, en soulevant ces limites pour éviter que les actions ne soient alignées que sur une partie de la réalité de l'itinérance.

Combien de jeunes hommes à la rue ?

Le Refuge des jeunes de Montréal accueille 30-35 hommes par soir, mais au total 600-650 hommes différents par an. Le dénombrement prendrait le premier chiffre, le portrait le second… et se rapprocherait ainsi d'une réalité encore plus importante. Un exemple qui vaut pour différentes autres populations, à Montréal comme ailleurs au Québec.


RAPSIM - 10 février 2014 - Dossiers :
Politique en itinérance, Autres problématiques







 

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