Sunday 16 December 2018    

Centraide du Grand Montréal

Financement fédéral - 3 millions$ de fonds qui dorment alors que plus de gens sont à la rue
Une partie importante des fonds fédéraux pour la lutte à l'itinérance cette année à Montréal n'est toujours pas engagée. C'est dans la cour d'un immeuble à logements d'Hochelaga-Maisonneuve bien connu pour de nombreux problèmes, le 3911 Ste-Catherine Est, que le RAPSIM a lancé un appel pour que ces fonds débloquent.

C'est plus de 3,2 millions $, sur un budget disponible de 7,8 millions $ de la Stratégie de partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI) pour Montréal cette année, qui ne sont toujours pas engagés. La volonté d'Ottawa de réorienter cette aide retarde la disponibilité de ce financement et mine les actions du milieu.

Dans la cour du 3911 Ste-Catherine Est - Crédit photo: André Querry

Des besoins croissants

« Il est scandaleux que des fonds ne soient pas utilisés quand partout à Montréal, on voit les organismes d'aide aux sans-abri faire face à des besoins croissants » a affirmé Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM.

Les refuges pour hommes ont dû offrir 69 000 nuitées l'hiver dernier, en hausse de 4 %. Les hébergements pour femmes ont eu un taux d'occupation de plus de 103%. Ce taux atteignait 125 % la semaine dernière au sein de ces ressources pour femmes qui effectuent un nombre croissant de refus faute de places, à longueur d'année.


Un programme essentiel

Le gouvernement fédéral apporte depuis plus de 12 ans un soutien aux organismes d'aide aux sans-abri, que ce soit pour soutenir l'intervention, améliorer les installations ou développer des logements sociaux, ayant contribué à la réalisation de plus de 900 unités.

Comme le rappelait la députée Carole Poirier, dans une lettre d'appui, uniquement dans Hochelaga-Maisonneuve, la SPLI a récemment permis de développer des services pour toxicomanes, de l'hébergement d'urgence et pourrait maintenant aider la transformation du 3911 Ste-Catherine Est. « Les coûts de la rénovation, d'aménagement, de mobilier pour des jeunes qui n'ont rien, voilà ce à quoi la SPLI pourrait contribuer au 3911 Ste-Catherine Est » a déclaré le directeur de l'Avenue hébergement communautaire, François Villemure.

Cet organisme a acheté, en décembre dernier, cet immeuble pour le transformer en logements sociaux pour des jeunes adultes. Un projet qui a été applaudi par tous les acteurs du milieu. Les fonds des programmes disponibles sont cependant souvent insuffisants pour transformer un tel bâtiment délabré en logements sociaux. L'Avenue, qui gère déjà plus de 70 places en hébergement et en logement, veut entrer en chantier dans cet immeuble dès cet automne et aurait dès lors besoin de la SPLI.


Pour une aide diversifiée

En plus, rappelons la volonté du gouvernement fédéral d'orienter son aide en itinérance vers l'approche Housing first. Cette approche, ciblée sur une population en situation d'itinérance chronique et aux prises avec des problèmes de santé mentale, néglige différentes interventions nécessaires pour prévenir et réduire l'itinérance. Elle a ainsi rencontré une opposition unanime au Québec, de l'Assemblée nationale, de la Ville de Montréal et des organismes.

À l'heure actuelle, l'incertitude plane toujours sur la suite de ce programme qui a été reconduit jusqu'en 2019. Dans le cadre d'une année de transition, la SPLI maintient son soutien jusqu'à l'hiver prochain au travail mené par une centaine d'intervenantEs auprès de milliers de personnes à Montréal.

Comme le prévoit la Politique nationale de lutte à l'itinérance adoptée par le gouvernement du Québec, des actions sont nécessaires au niveau du revenu et de la réinsertion, de la santé et des services sociaux, de l'éducation et de l'espace public.

Dans l'esprit de cette politique et dans la continuité de ce que l'aide fédérale a toujours fait, le RAPSIM demande aux gouvernements du Canada et du Québec de rapidement conclure une Entente Canada-Québec sur la SPLI. Les délais sont longs avant que les fonds ne deviennent disponibles et les besoins sont pressants. Il faut que la SPLI continue d'apporter son soutien tant aux différentes interventions qu'aux projets immobiliers, tel celui du 3911 Ste-Catherine Est.

« Même au niveau du logement, en passant par le logement privé, le Housing first, malgré son nom, ne joue pas sur l'offre de logements disponibles, contrairement au logement social qui développe un parc de logements de qualité et accessible aux démunis » a insisté Pierre Gaudreau. Exactement ce que l'Avenue veut faire avec le 3911 Ste-Catherine Est.

-Article du Devoir Plus de trois millions $ dorment dans les coffres d'Ottawa
-Article du 24 heures Des groupes pressent Québec et Ottawa de s'entendre
-Entrevue accordée à l'émission Le 15-18 à Radio-Canada Première

RAPSIM - 22 juillet 2014 - Dossier : Financement des groupes







 

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