Sunday 16 December 2018    

Centraide du Grand Montréal

Élections fédérales - Des engagements nécessaires
Le rôle du gouvernement fédéral est majeur au niveau des actions nécessaires pour prévenir et réduire l'itinérance. L'un des principaux enjeux de cette aide concerne d'ailleurs l'orientation que prend Ottawa avec son programme de lutte à l'itinérance.

Cela fait des décennies que la responsabilité du fédéral est nommée au niveau de l'itinérance, ce tant par les villes que les organismes communautaires, particulièrement au niveau du logement et de la pauvreté. En investissant dans le logement social, Ottawa peut contribuer à prévenir l'itinérance. Or, depuis 1994, le gouvernement fédéral a abandonné cette responsabilité, contribuant ainsi à l'aggravation de l'itinérance au Canada.

Pour faire face à cette situation, dès 1999, le gouvernement Chrétien se dota d'une stratégie avec, comme pierre angulaire, un programme de soutien aux actions du milieu communautaire. Ce programme est aujourd'hui connu sous le nom de Stratégie de partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI). Durant plus de 12 ans, incluant sous le gouvernement Harper, ce programme a apporté une aide cruciale aux différentes actions menées pour contrer l'itinérance.

À Montréal, tous les refuges pour hommes et plusieurs maisons d'hébergement pour femmes ont pu accroitre et améliorer la réponse aux besoins. L'aide fédérale a permis à de nombreux organismes, tel CACTUS et L'Itinéraire de se doter de locaux plus adéquats pour mener leur action. Le programme fédéral a aussi complété le financement de plus de 900 logements sociaux réalisés grâce au programme québécois AccèsLogis. La SPLI a aussi soutenu l'intervention menée dans une cinquantaine d'organismes auprès de milliers de personnes en situation ou à risque d'itinérance, tant au niveau de l'accueil, l'accompagnement, le suivi, l'accompagnement que la défense des droits.

Tout en étant très utile dans la lutte contre l'itinérance, ce programme n'a cependant jamais remplacé d'autres interventions, plus structurantes, où le gouvernement central a un rôle majeur au niveau du logement et du revenu. Une limite de ce programme est que son budget modeste dès le départ en 2001, à savoir 20 millions $ par an pour tout le Québec, (7,8 millions $ pour Montréal), n'a jamais été augmenté en 15 ans, et ce, malgré la croissance du phénomène.


Le recul du Housing first

En 2013, le gouvernement fédéral annonçait sa volonté de réorienter la SPLI vers le Housing first, une approche ciblée sur les personnes en situation d'itinérance chronique, passant par une offre de logement privé avec un accompagnement et un suivi. C'est 65% du budget de la SPLI qui est maintenant consacré à cette approche, ce qui a entrainé des coupes majeures dans toutes les autres interventions qui étaient soutenues et a réduit à presque rien les contributions à des projets de logements sociaux et d'installations d'organismes.

Malgré son nom, l'approche Housing first ne contribue ainsi nullement au développement de l'offre de logements, les logements privés qui sont loués ne l'étant que sur une base temporaire. De plus, le virage vers cette approche a exclu le soutien au travail de prévention de même qu'à celui pour soutenir des personnes qui sont sorties de l'itinérance, mais qui demeurent à risque.


Pour une approche globale

De concert avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ), le RAPSIM demande à tous les partis en liste aux élections et à leur candidatEs de prendre des engagements clairs envers la Stratégie de partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI), à savoir :

  • Rétablir une approche globale dans le soutien aux actions des organismes, tant celles menées pour réduire que prévenir l'itinérance, ce autant par l'intervention que différentes immobilisations.
  • Accroître dès le premier budget du gouvernement le budget alloué à la SPLI de 20 millions $ à 50 millions $ par an pour le Québec.

Voir aussi le document Élections fédérales - Demandes aux partis du RSIQ
Lire aussi la Lettre ouverte La premiere sécurité, c'est d'avoir un toit

RAPSIM - 20 août 2015 - Dossiers : Financement des groupes







 

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