Sunday 16 December 2018    

Centraide du Grand Montréal

Budget fédéral - Des investissements pour la lutte à l'itinérance ?
Dans moins d'un mois, le 22 mars, le gouvernement Trudeau déposera son premier budget. Le ministre des finances Bill Morneau a déjà confirmé que celui-ci sera largement déficitaire dans le respect du programme libéral afin de réaliser différents engagements. Quelles mesures seront effectivement dans ce budget ?

Cela reste à voir, particulièrement en ce qui concerne l'itinérance, au niveau des fonds et de l'orientation du programme de lutte à l'itinérance et du financement qui sera accordé pour le logement social. Tout ne se jouera pas dans ce premier budget, mais il sera crucial.


Pour le retour d'une approche globale

En 2013, le gouvernement fédéral a réorienté la Stratégie de partenariats de lutte contre l'itinérance vers le Housing first, pour les fonds alloués pour 2015-2019, c'est 65 % du budget, soit 20 millions $ des 30 millions $ disponibles, est donc consacré à cette approche ciblée, qui vise à offrir un logement avec un suivi à 450 personnes en situation d'itinérance chronique. Conséquemment à cette réorientation, avec 35 % du budget pour tout le reste, des interventions menées dans une cinquantaine d'organismes ont été réduites depuis le 1er avril 2015 et d'autres seront totalement coupées au 31 mars prochain. Le travail de rue, de réinsertion, le soutien communautaire en logement social, l'accompagnement, l'aide alimentaire et d'autres actions essentielles auprès de milliers de personnes en situation d'itinérance ou à risque de l'être ont été sacrifiées.

Le soutien aux immobilisations, installation des organismes et surtout la contribution à la réalisation de logements sociaux, a été encore plus perdant de cette approche Housing first. Alors que depuis 2002, 60 % du budget a été affecté aux immobilisations, c'est moins de 6 % qui y est consacré pour 2015-2019.

De concert avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ), le RAPSIM demande donc que le prochain budget rétablisse une approche globale pour la SPLI et y affecte des fonds accrus permettant ce redéploiement. Des mobilisations, des avis et des représentations ont été faites pour soutenir cette demande depuis les élections. Le PLC, qui avait soutenu nos demandes par le passé, a démontré une certaine ouverture à notre demande, durant les élections et après.

Le RAPSIM était présent le 26 février à une conférence de presse tenu le RSIQ avec la députée du NPD Marjolaine Boutin-Sweet pour réitérer les demandes pour la SPLI. L'intervention était menée au Foyer des jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal (FJTTM), qui devra fermer 9 lits suite aux coupes de la SPLI.


Des fonds pour le logement social

Le PLC s'est engagé à rétablir un financement adéquat pour le parc de logements sociaux construits avec des fonds fédéraux jusqu'en 1994 pour permettre son entretenir et maintenir son accessibilité. Au Québec cela concerne plus de 120 000 logements, HLM, coops et OSBL. Le PLC a aussi affirmé sa volonté de contribuer au développement de nouveaux logements sociaux. Ce sont des engagements majeurs, qui nécessitent des fonds importants et qui sont cruciaux pour la lutte à l'itinérance.

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RAPSIM - 26 février 2016 - Dossier : Financement des groupes






 

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