Pour la 3e année consécutive à l'arrondissement Ville-Marie
Il est fort dommage que notre Réseau doive condamner ce qu'il considère un autre affront à l'endroit des personnes itinérantes, soit celui de l'arrondissement Ville-Marie qui compte adopter en mars ou en avril 2008 un règlement visant à interdire de promener plus de deux chiens en laisse. En apparence peut-être anodin, ce règlement ne doit pas être adopté parce qu'il aurait pour effet de restreindre encore davantage la présence de sans-abri dans l'espace public.
Cette mesure n'est pas la première du genre. En août 2006, on interdit de se retrouver durant la nuit dans les 15 places et squares publics du centre-ville, geste condamné par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse elle-même. En juin 2007, on décide d'appliquer une législation interdisant les chiens dans deux parcs (Émilie-Gamelin et Viger) fréquentés par les personnes itinérantes, particulièrement des jeunes punks. Dans les deux cas, le RAPSIM avait d'abord dénoncé les conséquences, comme les déplacements possibles et l'émission plus systématique de contraventions à des personnes loin d'être en mesure de les payer. Le Réseau avait ensuite dénoncé le message selon lequel les personnes itinérantes sont davantage susceptibles d'être dangereuses et malfaisantes et qu'il faut, pour cela, manquer à leur droit d'être tout simplement présentes dans l'espace public.
Ce règlement que l'arrondissement compte adopter s'avère autant dénué de sens que discriminatoire à l'endroit des personnes itinérantes. En effet, rien n'indique que le nombre de personnes avec un chien est en hausse au centre-ville, et encore moins avec plus de deux chiens en laisse. Les personnes itinérantes sont davantage susceptibles de circuler sur une plus longue période avec un animal de compagnie, entre autres parce que les ressources communautaires ne sont pas toutes adaptées pour les accueillir. Bref, tout comme les règlements précédents, il semble clair qu'on vise ces personnes marginalisées.
Enfin, contrairement à ce que semble affirmer l'arrondissement, s'il ne vise qu'un seul itinérant, à savoir Mario Paquet et ses chiens, ce règlement relève encore davantage du profilage puisqu'il ne cible qu'une seule et unique personne. Le RAPSIM et des citoyenNEs seront présentEs au conseil de l'arrondissement Ville-Marie pour faire entendre leur point de vue sur cette troisième mesure rétrograde à l'endroit des moins nantis en autant d'années de l'arrondissement Ville-Marie et de son maire Benoit Labonté.
Bernard St-Jacques et Pierre Gaudreau - RAPSIM - février 2008 - Dossier : Espace public et judiciarisation