Comment penser traiter de la citoyenneté et encourager à fraterniser avec l'occupantE en transit dans l'espace public, que ce soit le travailleur du centre-ville qui sort du métro ou le résident de Hochelaga qui va faire ses courses? Le problème d'une telle question, c'est la contradiction flagrante qui existe entre les discours de notre société. Il y a, d'un côté, celle qui affirme qu'il faut endiguer l'extrême-pauvreté ainsi qu'aider la personne itinérante pour lui permettre d'exercer sa citoyenneté et, de l'autre, celui qui fulmine en affirmant que sa citoyenneté n'est conditionnelle qu'à sa propre reprise en main. En somme, certaines alternatives (résolutions) devraient servir un nouveau discours moins paradoxal qui satisfasse autant la soif de réinsertion sociale de l'un que le rêve de solidarité de l'autre.
Changer le discours en 2009
En examinant les ratés de la cohabitation et de la judiciarisation, on a constaté à quel point le discours rétrograde de personnes en situation d'autorité peut être malsain dans l'échafaudage de préjugés. Un mensuel comme
Échos Montréal qui parle du règne du clochard roi au Carré Berri (« une réappropriation… par les clochards ! », octobre 2008) alors qu'on a usé de trop de moyens pour les faire disparaître constitue un exemple très parlant et d'une irresponsabilité manifeste. En somme, beaucoup reste à faire en vue de déconstruire ces discours, que ce soit en campagne électorale ou non, mais des actions peuvent aussi être posées rapidement.
La mobilisation et la participation
Bien sûr, les grands événements annuels comme le
Festival d'expression de la rue (août), la
Nuit des sans-abri (octobre) et l'
État d'urgence de l'ATSA (novembre) sont les premiers à solliciter le concours des gens qui sont les plus concernés. Plusieurs autres formes de participation sont aussi sollicitées chez les organismes en itinérance, comme des ateliers culturels, repas collectifs, forums de discussions ou actions politiques. C'est dans le contexte d'une certaine effervescence d'événements et autres initiatives de ce type que le RAPSIM a développé un projet spécifique sur le sujet. En plus d'analyser ce qui favorise la participation citoyenne des personnes itinérantes et les moyens à prendre pour contribuer à une plus grande implication de leur part, le projet vise la production d'outils d'information qui favorisent la mobilisation des personnes, notamment dans leur milieu et dans des espaces politiques plus vastes.
En parallèle, une Politique en itinérance pour cette année
Un autre sérieux coup de pouce serait, dès cette année, la réalisation d'une politique globale pour permettre une plus grande sensibilisation du public, la déconstruction de préjugés, et des mesures concrètes, dont certaines plus structurelles. Il n'y a pas à dire : autant la pauvreté se vit à l'année pour encore trop de personnes alors qu'on ne pense à elles qu'autour de la dinde, autant le défi de la citoyenneté pour les personnes itinérantes se vit en d'autres temps et en d'autres lieux qu'au moment de faire une croix dans l'isoloir…
Résolutions faite ! Quelles sont les vôtres? Bonne année à vous!
Bernard St-Jacques - INFO-RAPSIM - 1er janvier 2009 - Publié dans L'itinéraire
Dossiers : Espace public et judiciarisation - Politique en itinérance