Sunday 16 December 2018    

Centraide du Grand Montréal

Plan d'action montréalais en itinérance - Le maire Coderre met la barre haute !
En dévoilant le 25 septembre dernier le Plan d'action montréalais en itinérance 2014-2017, la maire s'est donné un horizon ambitieux. Le RAPSIM a commenté de façon globalement positive cette annonce qui répond à plusieurs de ses demandes. Le Plan comporte aussi des inconnus et des avenues moins évidentes.

Pour montrer à quel point le Plan embrasse large, ses actions se déclinent en 4 principes directeurs et autant d'axes, soit 1) Partager les connaissances, 2) Renforcer l'exercice de la citoyenneté, 3) Offrir des alternatives à l'itinérance ainsi que 4) Réduire les problème de partage de l'espace urbain.

Le Plan nomme bien la diversité des réalités de l'itinérance qui se vivent à Montréal, dont celle croissante vécue par les Premières nations et des Inuits de même que celles issues de l'immigration. Il identifie moins bien la question de l'itinérance des femmes et les actions spécifiques à y apporter alors que se vit pourtant depuis des années un débordement quotidien de ce type de ressources.

Voir le Plan d'action montréalais en itinérance 2014-2017


1000 logements de plus !

Un point fort du Plan de la Ville est l'objectif d'ajouter 1000 logements pour personnes itinérantes ou vulnérables, dont 600 nouveaux logements sociaux avec soutien communautaire et 400 autres dans des projets novateurs avec la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM).

Maintenant son appui soutenu en faveur de tels logements depuis longtemps, la Ville garde aussi le cap repris il y a 4 ans au niveau de la sauvegarde des maisons de chambres, annonçant l'intention d'étendre un monitoring de ce parc de logements amorcé dans 3 arrondissements centraux.

La Ville affirme aussi sa volonté de faire les pressions nécessaires pour obtenir les budgets pour réaliser ces logements, ce qui représente tout un enjeu quand on sait que Québec a récemment coupé dans l'aide à la rénovation. Au niveau du financement fédéral avec la SPLI (Stratégie de partenariats de lutte à l'itinérance), la ville demande le maintien de l'aide apportée au développement de projets de logements sociaux, le maire dénonçant une fois de plus le One size fit's all d'Ottawa.


Un bilan sur le profilage social et des SIS

La Ville s'engage aussi à faire un bilan public et consulter sur son action et celle de son Service de police (SPVM) en matière de profilage social, tout en poursuivant son travail pour réduire la judiciarisation. Le bilan s'impose, car si des progrès ont clairement été faits, il se donne encore trop de tickets et les abus de divers ordres sont encore importants dans les rues de Montréal.

De son côté, le développement de Services d'injection supervisée (SIS) est aussi une action du Plan qui reprend une demande du milieu, la maire y apportant un soutien sans équivoque. « La Cour Suprême a ordonné au fédéral de maintenir le soutien à Insite à Vancouver ; dans cet esprit, le fédéral doit soutenir les SIS à Montréal » a affirmé le maire.


Un dénombrement et un protecteur des personnes itinérantes

Deux autres mesures phares ont été annoncées dans le Plan de la Ville, soit la réalisation d'un dénombrement à l'hiver et l'été 2015 et la création d'un poste de protecteur des itinérants. Sur la première, le RAPSIM a réitéré sa position prise en Assemblée générale. Alors que le gouvernement du Québec s'est doté d'un Portrait de l'itinérance par indicateurs, la quête d'un chiffre pour illustrer l'itinérance est un exercice qui ne pourra pas être complet… et qui sera coûteux. Concernant le poste de protecteur des personnes itinérantes à la Ville, malgré le potentiel pour qu'il puisse intervenir sur l'enjeu du profilage social, il faudra voir l'impact réel de ce nouvel acteur dans le contexte de Montréal, un modèle emprunté à la Ville de Vancouver.


Les 3 ans qui restent avant les prochaines municipales passeront bien vite. La mobilisation dans la lutte à l'itinérance à laquelle la Ville a donné un nouvel élan devra se maintenir pour que les objectifs de la Ville , dont certains sont particulièrement ambitieux, soient atteints. Pour un, le RAPSIM contribuera sur plusieurs points à la réalisation de ce plan d'action.

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RAPSIM - 10 octobre 2014 - Dossiers: Logement, Espace public et judiciarisation, Autres problématiques







 

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