Sunday 16 December 2018    

Centraide du Grand Montréal

Budget Leitao - La lutte à l'itinérance délaissée
Le premier budget du gouvernement Couillard apportera bien peu de moyens pour que se déploie la Politique nationale de lutte à l'itinérance, que ce soit sur le logement social, la lutte à la pauvreté ou encore le soutien aux organismes communautaires.

En fait, avec son approche d'austérité, non seulement le budget Leitao fait trop peu pour contrer l'itinérance, mais pire, il risque de l'aggraver.


Un budget pourtant crucial

Après l'adoption bien reçue de la Politique nationale de lutte à l'itinérance en février, le budget 2014-2015 du gouvernement du Québec était attendu avec hâte. Quels moyens ce budget allait-il donner au premier Plan d'action interministériel, qui doit être adopté pour décliner en actions la Politique en itinérance ?

La Politique nationale de lutte à l'itinérance est forte, reconnaissant la capacité des individus de s'en sortir et nommant la responsabilité collective face au phénomène et la nécessité d'une stratégie globale. « L'État et les pouvoirs publics ont le devoir de mettre en place des conditions visant à prévenir et contrer l'itinérance, notamment en s'attaquant aux inégalités économiques et sociales », peut-on y lire à la page 32. À la lumière de cet objectif, le budget Leitao serait recalé :

  1. Au niveau du logement social, le budget diminue de 8 % l'investissement annoncé sous le PQ, réduisant de 3250 à 3000 unités le financement de nouveaux logements sociaux, en conservant toutefois l'affectation de 500 unités pour les sans-abri. En fait, c'est la seule bonne nouvelle. Quand on est rendu à se réjouir d'une coupure de 8 % dans le logement social...
  2. Au niveau de la lutte à la pauvreté, non seulement aucun rehaussement de l'aide sociale n'est prévu, mais pire, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale hérite des plus importantes compressions, soit de 93 millions $ en 2014-2015. Le rehaussement des prestations et l'amélioration des programmes de réinsertion sont pourtant essentiels.


Le communautaire reste sur la paille

Le budget Leitao abandonne le rehaussement annoncé aux organismes communautaires. Celui-ci visait à augmenter de 120 millions $ sur trois ans le soutien au vaste réseau de ressources œuvrant en santé et services sociaux, dans lequel se retrouve la grande partie des groupes intervenant en itinérance.

Des groupes tels que l'Accueil Bonneau, les ressources d'hébergement pour femmes ou L'Itinéraire, qui auraient pu bénéficier de cette aide accrue pour répondre aux besoins croissants auxquels ils font face, devront s'en passer et continuer à faire plus avec moins. Alors que pour les médecins spécialistes, le choix a été d'étaler la hausse qui leura a été accordée par le gouvernement précédent, dans le cas du communautaire, le gouvernement Couillard a décidé de la scrapper.


Pour quand le Plan d'action ?

En février, lorsqu'a été lancée la Politique en itinérance, des députés libéraux ont demandé « où est le Plan d'action interministériel en itinérance, où sont les mesures concrètes ? ». Suite aux élections, dans une de ses premières interventions sur le dossier, Lucie Charlebois, la ministre déléguée nouvellement élue, a promis l'adoption d'un Plan d'action… au plus tard d'ici l'hiver prochain !

Lors de sa première rencontre avec la ministre, le 26 mai 2014, le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ) lui a rappelé que la table était mise, les actions bien identifiées et que l'adoption de ce plan pressait. Il a aussi insisté sur la nécessité d'obtenir des moyens importants.

En somme, le premier budget du gouvernement Couillard ne répond certes pas à cet objectif pour lequel le travail devra se poursuivre. La révision de tous les programmes et la commission sur la fiscalité annoncées par le gouvernement seront des moyens de revenir à la charge pour défendre l'investissement dans la lutte à l'itinérance.

RAPSIM - 9 juin 2014 - Dossier Politique en itinérance







 

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